samedi 2 février 2019

Travail du dimanche : savoir dépasser les idéologies

Chaque délibération du Conseil municipal portant sur le travail du dimanche dans les commerces levalloisiens donne lieu à un débat trop souvent caricaturé par le Maire et sa majorité municipale hurlant à la querelle des anciens et des modernes. Qui s’en étonne ?

Nous sommes visiblement les seules à nous soucier des personnes appelées à travailler le dimanche dans les boutiques ouvertes, au bénéfice de ceux qui ont, eux, les moyens et le loisir de consommer.

Les grands chantres du travail du dimanche sont en général ceux qui ne travaillent pas ce jour, ou les étudiants et salariés mal payés qui voient leur rémunération un peu revalorisée ce jour par obligation légale.

Les autres préféreraient être entre amis ou en famille, au rythme de la société qui s’arrête de travailler et d’acheter le dimanche. Ce sont par exemple ces parents qui profitent d’une journée complète avec leurs enfants, qui vont se promener avec eux, les accompagnent à des activités culturelles ou sportives, rendent visite à leurs propres parents, ou restent simplement chez eux pour profiter d’un moment d’intimité.

Si les responsables politiques soutiennent cette démarche de consommation et de services quotidiens, ils doivent alors en assumer les conséquences : tant pour les agents des services publics (policiers, pompiers, agents municipaux de permanence, agents hospitaliers, bibliothécaires…), les médecins et infirmières de garde, et tous les salariés (vendeurs et plus souvent vendeuses) ou libéraux qui doivent parfois travailler le dimanche, il faut ouvrir des crèches et des centres de loisirs pour accueillir leurs enfants. Pourquoi les enfants de ceux qui travaillent sur un rythme classique seraient pris en charge par la collectivité et ceux des travailleurs du dimanche devraient être laissés à un tiers ou à un membre de la famille ?

Il faut également veiller à ce que les salariés continuent de bénéficier de deux jours de repos consécutifs permettant une réelle coupure avec leur semaine de travail.

Il en va de l’égalité des citoyens dans les services publics, mais également de la responsabilité de ceux qui veulent que chaque jour de la semaine puisse donner lieu à des achats et de la consommation, ne se souciant ni de l’empreinte écologique de cette consommation débridée, ni du sort de ceux qui les servent.

 
Anne-Eugénie Faure – PS
Dominique Cloarec – EE-LV
www.autrehistoirelevallois.fr

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