dimanche 2 avril 2017

Les Tartuffe.

L’image de « monsieur propre » du candidat à la présidentielle de la droite et du centre n’aura finalement pas fait long  feu. Comme notre édile, il se trouve potentiellement pris en pleine contradiction entre son discours moralisateur et  la réalité qui consiste pour lui à confondre bien public et intérêt personnel et familial.

Le plus regrettable dans ces affaires qui entachent la classe politique, c’est qu’elles jettent le discrédit sur  tous les élus. Jamais les Français n’ont eu aussi peu confiance leurs élus. Partout on entend « ils sont tous comme ça », « ils sont tous pourris ». Forts de cette certitude les électeurs sont tentés d’excuser les malversations sur le double autel d’une immoralité généralisée et d’une prétendue efficacité. Il en est ainsi à Levallois où conscients de la situation de la majorité municipale LR/UDI/PCD, les Levalloisiens accordent l’absolution au motif de la supposée réussite de la ville, selon les critères qu’on leur assène à force de propagande.

Et pourtant, il existe à Levallois comme en France, dans toutes les familles politiques, des élus décidés  à servir le bien commun sur la base de leurs valeurs et dont  le dévouement est injustement entaché par les agissements de ces quelques uns sans foi ni loi qui réduisent leurs mandats à la prédation personnelle et familiale.

Aux Levalloisiens, nous rappelons que nous sommes trois élus d’opposition, tous en activité professionnelle, ne bénéficiant d’aucune indemnité, de disposant d’aucun collaborateur payé par la mairie ou un parti politique, que nous devons prendre de nos temps personnels souvent au détriment de nos engagements professionnels et familiaux pour défendre notre conception de l’intérêt général. 

Nous œuvrons sans relâche à faire valoir notre conception de la justice sociale, du développement durable, de l’intérêt général sans en tirer aucun autre avantage que le sentiment d’être  utiles aux Levalloisiens.

A titre d’exemple, notre engagement a permis de révéler l’affaire Bygmalion à Levallois, d’identifier les manques à gagner pour la ville dans de nombreuses affaires immobilières troubles telle celle dite des « tours de Levallois » qui a fait perdre aux contribuables levalloisiens plus de 100 millions d’euros.

Certaines de nos initiatives ont pour partie été reprises par la majorité tels les Conseils de quartier. Nous regrettons toutefois leur forme actuelle n’accordant aucune liberté à leurs membres.

Cette réflexion pose  la question de la rénovation de notre démocratie représentative. Si la transparence est souhaitable, elle n’a de sens que si elle est associée à une profonde revalorisation du statut de l’élu. Le contrôle des élus  doit aller de paire avec un statut plus protecteur de ces derniers. La qualité des élus s’apprécie dans les compétences individuelles et leur capacité à représenter la diversité de la société française. 

A ce titre, il est urgent que le législateur créée un véritable  statut de l’élu afin de limiter la possibilité de cumuler les mandats dans le temps tout en organisant les conditions pour que chacun, quel que soit sa situation professionnelle, puisse prendre le risque d’exercer un mandat électif.

Comment aujourd’hui un salarié, un artisan, commerçant, chef d’entreprise peut-il prendre le risque du mandat électif dès lors qu’il n’est ni assuré de retrouver son emploi ou sa clientèle, ni même de voir son engagement électif valorisé par la suite ? 

Il nous apparaît indispensable de clarifier les conditions de reconnaissance des acquis de l’expérience des élus, d’organiser les conditions de leur reconversion, de protéger les salariés et chefs d’entreprise. Les conditions d’indemnisation constituent également un levier pour attirer les meilleurs vers les mandats électifs.

La qualité de la gouvernance locale et nationale dépend pour partie de la qualité des élus.  Ne laissons pas les malhonnêtes triompher et emporter avec eux le bien le plus durement : notre Démocratie. Ayons de bons élus pour mener de bonnes politiques.