lundi 30 mars 2015

Intervention d'Anne-Eugénie Faure lors du débat d'orientations budgétaires 2015 : "Monsieur le Maire, qui plombe les finances de Levallois ? C'EST VOUS !"


Monsieur le Maire, chers Collègues,


La note de synthèse de présentation du débat d’orientations budgétaires pour 2014 devrait être un document technique, présentant la situation financière de la ville et les orientations que vous entendez donner au budget pour 2015. Cette année encore, sur 28 pages, dont nous avons pu prendre connaissance deux fois grâce à votre lecture de plus d’une heure ce soir en Conseil, il n’y a que 4 pages intitulées : orientations budgétaires, les plus floues, le reste étant consacré à une longue litanie de plainte contre la diminution des dotations de l’Etat.

 

C’est un drôle de débat d’orientation budgétaire que vous nous proposez. En commission, nous n’avons rien pu savoir de vos orientations : diminution des services ? augmentation des impôts ? économies budgétaires ? augmentation des tarifs des services municipaux ? Des orientations en somme,  car vous vous contentez de citer ces quatre leviers à votre disposition sans expliciter réellement les fameuses orientations dont nous étions sensés débattre. 

Le débat se tient donc sans que le conseil ait bénéficié des informations prévues pour débattre des orientations budgétaires ce qui constitue une irrégularité substantielle de nature à entacher la légalité de la procédure d’adoption du budget primitif.

Votre Adjoint aux finances, s’est présenté en commission sans avoir rien à nous dire, nous renvoyant à votre intervention ce jour.

Vous savez, l’intérêt des commissions, c’est un peu de mettre en œuvre un principe judiciaire bien connu : le principe du contradictoire.

Si vous arrivez en commission en nous disant : on n’a rien à vous dire, vous verrez avec le Maire en Conseil, qui prépare depuis des mois avec ses services ce DOB et ce budget, je ne vois pas sur quelle base nous pouvons débattre dans le théâtre du Conseil municipal.

Donc de débat il n’y aura pas, vous nous avez asséné vos mystifications avec la faconde qu’on vous connaît mais qui ne fait plus recette à Levallois, et vous vous êtes fait applaudir par vos obligés.

Le seul propos de votre note de préparation du DOB est de rejeter la faute de tous vos problèmes financiers sur l’État ce qui vous permet d’éviter de repenser votre gestion et vos priorités. Selon vous, en limitant ses dépenses, l’État rejette la pression fiscale sur les collectivités.

 

Si nous en sommes là au niveau national, c’est parce qu’en 2012, après le mandat de Nicolas Sarkozy, nous avons trouvé le pays avec une dette qui avait augmenté de 625 milliards d’euros (1216 en 2007/1841 en 2012), dette qui avait augmenté de 54 % sous son quinquennat. Vous étiez Député pendant cette période, vous devez assumer votre responsabilité.

C’est cette gestion catastrophique que nous payons tous aujourd’hui et qui contraint à diminuer les dotations de l’Etat aux collectivités en parallèle de la diminution des dépenses de l’Etat. D’ailleurs, il me semble que c’était également au programme de votre candidat en 2012.

Si vous ne vous souciez pas de la dette de notre ville et des levalloisiens, le Gouvernement se soucie de celle de la France et de tous les français.

 

Vous parliez de remises de médailles d’or tout à l’heure, eh bien Levallois a toujours la médaille d’or de l’endettement avec 550 millions d’euros, à cause de votre gestion.

 

Ensuite, je ne vais pas vous dire que la place des collectivités publiques dans l’investissement ne justifierait pas qu’elles conservent des ressources importantes, néanmoins je pense qu’elles doivent prendre leur part, et j’en conviens, une juste part, dans les économies à réaliser.

Mais je trouve toujours étrange ce réflexe, à gauche comme à droite, consistant, lorsqu’une collectivité voit ses rentrées baisser (ou ses charges augmenter) à réagir par une augmentation d’impôts ou des tarifs. Dans le privé, si une entreprise voit ses charges augmenter ou ses rentrées baisser, elle ne peut pas réagir en augmentant ses tarifs ou en dégradant la qualité de ses produits/prestations… les clients partiraient ! Du coup, le premier réflexe est de repenser son modèle, ses processus pour faire plus avec moins… étrange, donc qu’une collectivité n’ait pas ce comportement.

Nous ne sommes pas dupes, annoncer l’augmentation des impôts locaux en pleine campagne électorale ne vous ressemblait pas. Cet artifice n’aura pas suffit.

 

Alors maintenant que le 29 mars est passé, qu’allez-vous faire ?

En page 22 de votre note, vous nous indiquez des actions modérées et pertinentes dans quelques secteurs qui le justifient. Si ce n’est pas du flou…

 

Parce que ce que nous annonçons depuis des années se produit : faute de rentrées fiscales à hauteur du train de vie que vous avez imposé à Levallois, vous êtes contraint d’augmenter les impôts et vous allez réduire les services à la population.

 

Et là ce n’est pas la faute du gouvernement.

-          Qui a mené des projets immobiliers avortés qui ont coûté plus de 150 millions d’euros aux levalloisiens ? C’est vous ;

-          Qui a contracté pour l’achat des tours avec un investisseur saoudien qui nous a fait défaut et qui n’est plus en mesure de recouvrer 20 millions d’euros de condamnations ? C’est vous ;

-          Qui a bradé ensuite le terrain à la BNP pour arrêter l’hémorragie ?  (- 23 ME sur la vente à la BNP des terrains "Fiat" de 157 ME Ht (cf rapport 2012) à 134 ME Ht, prix d’achat prévu initialement lorsque le Cheikh Al-Jaber devait mener le projet : 243 millions). C’est vous ;

-          Qui a contracté avec une société de conseil en communication appelée BYGMALION pour se faire vendre des prestations de piètre qualité pour 200.000 €. C’est encore vous !

 

La situation actuelle des finances de la ville est due à votre seule impéritie.

Avec les recettes de fonctionnement qui sont les nôtres, nous ne devrions pas avoir à augmenter les impôts si la ville était bien gérée.

 

Alors ne vous plaignez pas de la baisse de vos dotations 8,8 millions d’euros sur 270 millions de recettes de fonctionnement, et de la péréquation : la contribution de chacun à hauteur de ses facultés, de consentement à l’impôt en somme, principe constitutionnel que vous semblez rejeter.

 

dimanche 1 mars 2015

Liberté, égalité, fraternité, à Levallois aussi.

Chacun y est allé de sa tribune « Je suis Charlie » le mois dernier. Chacun convient donc qu’il est grand temps de se rassembler autour des idéaux républicains, de liberté, d’égalité, de fraternité. Pourquoi ne pas prendre cette devise aux mots pour l’appliquer pleinement à la vie municipale ?

Tous nous parlent de la République et de ses valeurs mais peu nous les définissent concrètement.

La République c’est une organisation qui permet à chacun de trouver sa place selon ses capacités et son travail. C’est une organisation qui permet à chacun de s’émanciper, par l’école, par la formation tout au long de la vie, par l’accès au logement, par l’accès au travail, par l’accès au sport et à la culture.

La République, c’est un système où la loi est la même pour tous, c’est un système où les dirigeants ne se servent pas en premier, c’est un système incompatible avec la corruption.

Où est la République à Levallois ?

-          Où est la liberté quand personne, élu d’opposition ou simple citoyen, ne peut exprimer un point de vue divergent sur la manière de gérer la ville ?

-          Où est l’égalité quand l’accès aux services publics municipaux (crèches, logement) se fait sans transparence au bon vouloir du prince et de ses courtisans ?

-          Où est la fraternité quand la municipalité refuse de scolariser un enfant de 5 ans en situation précaire, ou n’écoute pas un concitoyen qui dégringole et se retrouve à la rue ?

-          Où est la laïcité quand le Député-Maire et sa bande préfèrent organiser le communautarisme à des fins électorales plutôt que de promouvoir la seule communauté qui vaille, la communauté nationale ?

Comme toujours, ceux qui parlent, ceux qui manipulent le verbe à des fins électoralistes font souvent le contraire de ce qu’ils disent.

Méfiez-vous des beaux parleurs, exigez que la République devienne une réalité aussi dans notre ville. Comptez sur nous pour ne jamais faiblir sur ces exigences, car c’est l’histoire et le sens de notre engagement.