jeudi 18 avril 2019

Gestion Balkany : enfin le procès


Depuis des mois, les élus de la majorité enchaînent les tribunes dans le journal municipal (c’est-à-dire aux frais des Levalloisiens) pour le clamer haut et fort : le procès du Maire et de sa première adjointe – qui débutera le 13 mai au Tribunal correctionnel de Paris – ne serait qu’une affaire privée.

 

Pourtant, le couple Balkany a un lien avec la SEMARELP, au cœur de ce procès, Société d’économie mixte dirigée par la majorité municipale qui nous demande aujourd’hui de regarder ailleurs. Devrions-nous oublier qu’Isabelle et Patrick Balkany s’y sont succédés au poste de Président ? Devrions-nous aussi passer sous silence que Jean-Pierre Aubry, également renvoyé devant le Tribunal Correctionnel, a été Directeur de Cabinet du Maire puis Directeur Général de la SEMARELP au temps des faits poursuivis ?

 

Aurions-nous la naïveté de croire que le Cheikh Al Jaber, celui qui avait projeté d’édifier des tours à Levallois et n’en a jamais payé les droits à construire, celui qui n’a jamais non plus réglé les 20 millions d’euros que sa société avait été condamnée à verser à Levallois, est sans aucun lien avec notre ville ? Il est pourtant soupçonné du financement d’une villa marocaine louée – roulements de tambour – à la famille Balkany ! L’homme est prévenu du chef de corruption. Une affaire privée ? Vraiment ?

 

Selon l’équipe Balkany, qui signe, solidaire et au grand complet, il ne s’agirait que d’une « simple affaire de fraude fiscale ». Cette expression seule fait bondir : Comment des élus osent-ils traiter avec légèreté le fait de ne pas régler l’impôt quand on le vote et qu’on le fait payer à ses concitoyens ?

 

Si la théorie de l’affaire privée sans lien avec la ville ou l’innocence des prévenus est retenue par la Justice, ils auront été clairvoyants. Si les conclusions des magistrats sont différentes, il sera alors légitime de se demander si c’est la naïveté ou la complicité qui aura motivé leurs affirmations. Ils devront en tout cas en tirer les conséquences.

 

Vous avez du mal à croire à tout cela ? Nous vous invitons à vous faire votre propre opinion : les audiences sont publiques et le Tribunal est désormais desservi directement par le Tram depuis la Porte d’Asnières. Vous pourrez entendre les faits, rassemblés par des Juges compétents et indépendants, et vous constaterez que la Ville aurait dû se constituer partie civile pour obtenir l’indemnisation du préjudice causé aux levalloisiens qui sont bel et bien concernés.

mardi 16 avril 2019

Conseil municipal du 15 avril 2019 : Intervention d'Anne-Eugénie Faure sur le compte adminsitratif 2018 de la Ville de Levallois


Chers Collègues, Monsieur le Maire,
 

Nous votons le compte administratif exceptionnellement tôt cette année. Nous l’avons toujours voté fin juin lors du dernier conseil avant l’été. Mais vous me direz, à période exceptionnelle pour notre ville, calendrier exceptionnel.


Ce compte administratif est à l’image des derniers, une tentative de démonstration d’une bonne gestion là où il ne faut malheureusement constater qu’une tentative de réparation des dommages causés par une gestion passée dans un contexte plus contraint aujourd’hui.

 
La ville de Levallois est désormais à l’arrêt. Après des années à détruire des immeubles, vendre le foncier, construire de toujours plus de logements et de bureaux, construire des équipements, surdensifier pour que le schéma tienne jusqu’à épuisement du foncier, dans une sorte de cercle infernal, nous nous retrouvons sans marge de manœuvre, dans un contexte financier plus contraint, pour nous tourner vers l’avenir.

 
Cela n’intéresse peut-être déjà plus le Maire mais le constat d’une absence d’investissement, d’une absence de politique visionnaire tournée vers le développement durable de Levallois se fait sentir.

 
Ce n’est pas faire offense à notre collègue en charge de l’environnement qui s’escrime à vouloir inscrire notre ville dans une démarche écologique, que de constater que Levallois est dans une démarche de guichet de service et pas encore dans l’ère de la ville durable.

 
Pour le moment, le seul objet de la politique municipale retracée dans ce compte administratif, c’est de faire tenir le système :

-          En augmentant les impôts sur les habitants : + 10 % en 2015 de taxe d’habitation et de taxe foncière et cela a continué en 2018 avec la suppression des abattements sur la taxe d’habitation pour les ménages qui la payaient encore à plein.

C’est tout de même assez symbolique de constater qu’alors que la politique de suppression de la taxe d’habitation est en marche, à Levallois, la stratégie fiscale de la majorité a conduit à augmenter le produit de la taxe d’habitation de 3,5 millions d’euros (+ 10 % encore) là où cette taxe devait diminuer avant d’être supprimée.

Le mécanisme, je l’ai déjà décrit : la suppression des abattements pour les ménages qui paient encore la TH à plein permet sans augmenter le taux, d’augmenter le produit de la taxe de 3,5 millions d’euros.

C’était assez cocasse de voir les élus de la majorité communiquer sur les réseaux sociaux sur le maintien d’un taux au même niveau que les années précédentes pour laisser croire à une bonne gestion, quand en réalité ils augmentent les impôts locaux par d’autres biais.

 
-          Et le meilleur est qu’ensuite, la ville obtient la compensation de la prétendue perte de taxe d’habitation fondée sur la suppression d’une partie de la population la moins riche qui a vu sa taxe d’habitation diminuer.

C’est-à-dire que nous touchons la compensation de l’Etat pour une perte de recette en taxe d’habitation que nous n’avons pas subie.

 
Quand on entend ce discours rabâché à longueur de séances du Conseil sur l’injustice que l’Etat nous ferait depuis les politiques de péréquation mises d’ailleurs en place sous une majorité parlementaire à laquelle M. le Maire appartenait sous le gouvernement Fillon, c’est assez paradoxal.

La péréquation, c'est ce qui permet aux villes les plus en difficulté, celles qui sont éloignées des centres urbains et de l'emploi, qui accueillent la population la moins favorisée, de bénéficier de la solidarité des villes comme la nôtre. C'est la solidarité. Mais cela, vous continuez de le refuser.
 

Pour faire tenir ce système, il fallait aussi se désendetter. Rappelons :

-          que la dette avait atteint 900 millions d’euros,

-          qu’elle nous coûtait 25 millions d’euros d’intérêts par an

-          et que si son encours a diminué notablement en 7 ans, c’est parce que la SEMARELP dont on reparlera, a vendu le foncier qu’elle avait acquis à crédit.

 
C’est la dette SEMARELP qui était conjoncturelle qui s’est résorbée par la vente du foncier.

Mais il reste ensuite la dette structurelle, celle de la ville, qui ne diminue que peu : 38 millions d’€ sur l’année dernière pour atteindre encore 347 millions d’euros, ce qui nous place encore en tête des villes les plus endettées de France par habitant.

 
Et pour cette « dette-ville », nous n’avons plus de schémas comme ceux sur lesquels vous vous étiez engagés les années précédentes avec ces colonnes qui tendaient vers le 0. En 2017, vous nous aviez indiqué que la durée résiduelle était de 9 ans. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 
Vous avez maintenant renégocié avec les banques les échéances de remboursement, « reprofilé » la dette comme nous dit l’Expert municipal en la matière, ce qui permet désormais de dégager de la marge de manœuvre financière : là où nous aurions dû rembourser 55 millions en 2018, nous en avons remboursé 38.

Mais à quel prix, nous ne le savons toujours pas.

Ce que nous savons c’est que le rééchelonnement permet l’étalement de la dette, mais le coût de cette renégociation nous est tu et l’échéance finale de la dette également.

 
Je vous le redis et il était assez savoureux d’entendre l’habile Monsieur LAUNAY nous dire en commission qu’un banquier explique évidemment à une personne qui renégocie son emprunt quelle sera son économie finale, alors que pour une ville qui brasse des centaines de millions d’euros comme Levallois, son banquier ne le ferai pas.

Car cette dette continue de coûter tous les ans aux levalloisiens qui en paient les intérêts : 12 millions d’euros en 2018.

 

Les projets immobiliers avortés laisseront des traces, pas seulement dans les annales judiciaires. Rappelons ici la condamnation à payer 20 millions d’euros à la ville par le Cheikh Al Jaber, le promoteur des tours fort heureusement jamais construites.

Cela représente plus d’une année d’intérêts et il aurait été de bonne gestion que la ville tente de récupérer cette somme en se constituant partie civile lors du procès qui s’ouvre le 13 mai.

 

Il faut à cet instant souligner les économies faites sur la masse salariale. Je salue le travail des fonctionnaires dévoués aux levalloisiens qui font leur possible pour maintenir le service public avec moins de moyens. Il est toujours difficile de déterminer les services qui seront touchés par le non-remplacement des collègues partant en retraite mais je sais que les employés municipaux font leur possible pour assurer au mieux leur mission.

Leurs efforts sont à contrebalancer avec la politique de délégations de politiques sectorielles à des associations paramunicipales qui sont financées par la ville pour externaliser la politique sportive, la communication, la politique culturelle, les voyages et sorties et sont gérées dans la plus grande opacité. (Présence des seuls élus de la majorité dans les Conseils d’administration) La Chambre régionale des comptes l’a pointé à chaque rapport.

 

Il faut tout de même noter que les budgets de ces associations ont diminué de 10 à 20 % ces dernières années et que les sections sportives, leurs entraineurs et leurs bénévoles ont été mises rudement à contribution pour cela au LSC par exemple.

Mais cela est à mettre en rapport avec les années de dépenses inconséquentes pour s’offrir l’image de sportifs de haut niveau pour des 100aines de milliers d’euros sans réel apport à la ville, ou des manifestations sportives qui ont fait des bides, et enfin une équipe de Basket professionnel dont la subvention municipale augmente pour sa part de 33 % entre 2017 et 2018, passant de 1,650 millions d’euros à 2,3 millions d’euros.

 
Le timing de ce CA 2018 est finalement assez intéressant puisque nous allons nous prononcer sur l’exécution du budget 2018, que nous n’avons pas voté contrairement à l’ensemble de la majorité municipale à l’aube d’une échéance judiciaire. La même majorité va, je n’en doute pas, vous donner une dernière fois quitus de votre gestion Monsieur le Maire.

Il ne sera plus temps après de s’en dédire mes chers collègues.

mardi 2 avril 2019

Budgets participatifs : et si les levalloisiens décidaient


L’actualité est formelle : les Français veulent plus de démocratie. Le Grand Débat aurait pu être l’occasion d’une vraie démocratie participative, mais il a surtout été l’occasion d’une campagne pour LREM aux frais du contribuable.

Un peu partout en France, des initiatives de démocratie participative ont déjà fleuri. Comme bien souvent, ce sont les collectivités locales qui les organisent pour que les citoyens prennent en main leur avenir par des initiatives créatives sur le plan économique, social ou encore environnemental.

Depuis 2008, nous avions demandé que soient créés des conseils de Quartier à Levallois-Perret. Ils ont été finalement mis en place en 2014. Ils devaient être un espace de parole citoyen et libre, qui soit force de proposition. Il n’en a hélas rien été. Les adjoints de la majorité en charge contrôlent les questions, le choix des intervenants et sont loin d’observer le devoir d’objectivité qui leur incombe. Une antenne de propagande des troupes de M. Balkany, voilà ce qu’ils en ont fait.

Plusieurs villes de France ont instauré des budgets participatifs. Des villes proches de la nôtre l’ont déjà expérimenté : La-Garenne-Colombes, Montreuil, par exemple, et bien sûr Paris. En tout ce sont 14 villes du 92 qui se sont lancées. Il s’agit dans un premier temps de permettre aux habitants de soumettre des projets en ligne à partir d’un budget débloqué par la municipalité : amélioration du cadre de vie, aménagements, végétalisation, espaces de solidarité… Les idées ne manquent pas ! Des idées qui viennent du terrain, du vécu et des compétences de chacun. Puis les habitants sont invités à voter pour les projets proposés. Ceux qui ont obtenu le plus de suffrages peuvent être ensuite débattus au Conseil Municipal et inscrits au budget primitif de la ville pour l’année suivante.

Nous avons soumis plusieurs fois l’idée d’une telle expérimentation à Levallois-Perret, mais les élus de la majorité s’y opposent catégoriquement. Ce serait « illégal ». On en rirait presque quand on sait QUI s’insurge de l’illégalité (toute théorique) de ce qui est fait de l’argent du contribuable. Une fois de plus, la parole est confisquée aux Levalloisiens, ainsi que leur droit de regard sur ce qui est fait de l’argent de leurs impôts.

dimanche 10 mars 2019

La démocratie participative, enfin


Longtemps raillée, la démocratie participative retrouve des couleurs avec le Grand Débat National.

 

Pour sortir de la « crise des gilets jaunes », le Gouvernement a choisi de donner la parole aux français. Même si les règles de ce Grand Débat sont discutables au point que la Commission Nationale du Débat Public n’a pas voulu les avaliser en raison du risque de partialité, il est l’occasion de prendre la parole, et espérons-le d’être entendu.

 

Au travers de réunions publiques, de contributions sur Internet, de dépôt de doléances, chacun peut apporter sa contribution, faire remonter ses problématiques du quotidien, proposer des solutions.

 

C’est ce que nous prônons à Levallois : être écouté malgré les divergences, en Conseil municipal et dans une réelle démocratie participative.

 

Cela pourrait se traduire par

-        Donner des pouvoirs plus importants aux Conseils de quartier :

o   que leurs Présidents soient désignés par leurs membres et ne soient pas des élus de la majorité municipale, pour garantir l’impartialité des débats et prises de décisions ;

o   leur allouer un budget participatif dont ils décident de l’emploi ;

o   leur permettre de soumettre un vœu au Conseil municipal.

-        Renforcer les droits de l’opposition pour qu’elle contribue réellement à la prise de décision. Les délibérations du Conseil municipal sont portées à notre connaissance 5 jours avant la séance, ce qui nous laisse peu de temps pour assimiler des dossiers complexes alors que les élus de la majorité ont mis des semaines à les étudier, aidés par les services municipaux. Rappelons qu’être Conseillère municipale dans l’opposition est complétement bénévole et que nous travaillons.

-        Laisser les élus d’opposition siéger dans les Conseils d’administration :

o   des associations paramunicipales : Levallois-Sporting-Club, Levallois Culture, Levallois Information, Levallois Communication… (9 millions d’€ de budget par an) ;

o   et à la SEMARELP en charge de l’aménagement urbain.

 

Le grand débat, cela devrait être tous les jours en démocratie, et pas seulement quand les élus n’ont plus de réponse aux problèmes qu’ils avaient préféré ignorer.


Enfin, ne résistons pas à Levallois au plaisir de voir les politiques locaux (élus et/ou futurs candidats) instrumentaliser le Grand débat pour préparer les prochaines élections. Comme c’est plaisant de voir les élus de l’équipe Balkany qui crient avec la meute et son chef pour nous interrompre en Conseil municipal, se repaître de démocratie participative et d’écoute.

Les levalloisiens ne sont pas dupes de vos manœuvres !

samedi 2 février 2019

Travail du dimanche : savoir dépasser les idéologies

Chaque délibération du Conseil municipal portant sur le travail du dimanche dans les commerces levalloisiens donne lieu à un débat trop souvent caricaturé par le Maire et sa majorité municipale hurlant à la querelle des anciens et des modernes. Qui s’en étonne ?

Nous sommes visiblement les seules à nous soucier des personnes appelées à travailler le dimanche dans les boutiques ouvertes, au bénéfice de ceux qui ont, eux, les moyens et le loisir de consommer.

Les grands chantres du travail du dimanche sont en général ceux qui ne travaillent pas ce jour, ou les étudiants et salariés mal payés qui voient leur rémunération un peu revalorisée ce jour par obligation légale.

Les autres préféreraient être entre amis ou en famille, au rythme de la société qui s’arrête de travailler et d’acheter le dimanche. Ce sont par exemple ces parents qui profitent d’une journée complète avec leurs enfants, qui vont se promener avec eux, les accompagnent à des activités culturelles ou sportives, rendent visite à leurs propres parents, ou restent simplement chez eux pour profiter d’un moment d’intimité.

Si les responsables politiques soutiennent cette démarche de consommation et de services quotidiens, ils doivent alors en assumer les conséquences : tant pour les agents des services publics (policiers, pompiers, agents municipaux de permanence, agents hospitaliers, bibliothécaires…), les médecins et infirmières de garde, et tous les salariés (vendeurs et plus souvent vendeuses) ou libéraux qui doivent parfois travailler le dimanche, il faut ouvrir des crèches et des centres de loisirs pour accueillir leurs enfants. Pourquoi les enfants de ceux qui travaillent sur un rythme classique seraient pris en charge par la collectivité et ceux des travailleurs du dimanche devraient être laissés à un tiers ou à un membre de la famille ?

Il faut également veiller à ce que les salariés continuent de bénéficier de deux jours de repos consécutifs permettant une réelle coupure avec leur semaine de travail.

Il en va de l’égalité des citoyens dans les services publics, mais également de la responsabilité de ceux qui veulent que chaque jour de la semaine puisse donner lieu à des achats et de la consommation, ne se souciant ni de l’empreinte écologique de cette consommation débridée, ni du sort de ceux qui les servent.

 
Anne-Eugénie Faure – PS
Dominique Cloarec – EE-LV
www.autrehistoirelevallois.fr

jeudi 10 janvier 2019

Père Ubu et Mère Ubu


On croit rêver : voilà notre Maire et sa première adjointe partis en guerre contre la fiscalité, c’est-à-dire contre le principe constitutionnel issu de la Déclaration des droits de l’Homme du consentement à l’impôt au regard de ses facultés contributives.

Les Français qui peinent à boucler leurs fins de mois et les Levalloisiens dont ils augmentent les impôts locaux se pincent pour ne pas rire… ou pleurer.

 
Ainsi, Patrick Balkany se porte en héraut des opposants à la fiscalité nationale et à la péréquation qu’il a lui-même votée quand il était député. Tout en augmentant les impôts des Levalloisiens. Logique.

Et Isabelle Balkany soutient les « gilets jaunes » qui travaillent et paient leurs impôts mais ne s’en sortent plus, dans des zones dépourvues de services publics et de transports en commun. De qui se moque-t-on ?

 
Nous ne nous attarderons pas sur leur renvoi devant le Tribunal correctionnel de Paris pour 6 semaines de procès en mai/juin 2019 pour (entre autres !) des faits de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale. Présomption d’innocence oblige.

 
Mais déjà, le Tribunal administratif de Rouen s’est prononcé par un jugement du 20 novembre 2018 (dont il peut être fait appel par l’intéressée) affirmant que «L’administration apporte la preuve de manœuvres frauduleuses » de Madame Balkany. Le Rapporteur Public avait rappelé, alors qu’elle demandait une dispense des frais de pénalités et de retards, que « L’intéressée n’a jamais fait connaître à l’administration fiscale, avant l’examen de sa situation personnelle, ni l’existence de l’importante donation dont elle a bénéficié en 1995, ni la détention dès 1997 de la totalité des parts d’une société immatriculée dans un État étranger n’ayant pas signé d’accord d’échanges de renseignements avec la France avant 2009».

 
Quand on prétend soutenir ceux qui peinent à payer leurs impôts, il faut déjà payer les siens, prendre sa part de l’effort collectif ! Faute de quoi, on est disqualifié pour prendre position sur la question et pour voter l’impôt des autres. Evidemment notre duo légendaire n’a pas l’éthique nécessaire pour mesurer combien cette situation est ubuesque. Les « courageux » élus de leur majorité non plus, puisqu’ils espèrent chacun être adoubés et, en attendant, votent  comme un seul homme l’augmentation de l’indemnité du Maire.

 
Laissons statuer la Justice en continuant de porter une autre voix pour Levallois : celle de la Justice sociale et fiscale.

 
Anne-Eugénie Faure – PS
Dominique Cloarec – EE-LV
www.autrehistoirelevallois.fr

mardi 18 décembre 2018


Intervention d'Anne-Eugénie Faure sur le budget primitif de la Ville de Levallois pour l'année 2019
 

Monsieur le Maire, chers Collègues,

Je remercie les services administratifs qui ont formulé ce budget dans un contexte contraint tant par la situation nationale que par la situation financière de notre ville.

Je voudrais rappeler à ce stade, comme je l’ai fait en début de séance, que les services administratifs sont composés de fonctionnaires, qualifiés et dévoués au service des levalloisiens et que, lorsque nous formulons des critiques sur la politique municipale qu’ils mettent en musique, nous ne les mettons pas en cause en tant que compositeurs de cette musique. Pour être claire, quand nous critiquons les attributions de concessions, nous n’attaquons pas le service de la commande publique, quand nous critiquons la situation financière de la ville et la stratégie financière de la municipalité, nous n’attaquons pas le service financier.

Nous portons notre position sur la politique conduite par le Maire et la majorité municipale qui en sont les responsables.

Et c’est également la raison pour laquelle lorsque nous exposons notre position, nous attendons que le Maire et les élus nous répondent, et non pas qu’ils fassent répondre les administratifs, sauf à interrompre pour cela la séance du Conseil municipal.

 

Ce budget 2019 est dans la droite ligne du précédent : la gestion de l’existant, l’arrêt des investissements, un faible désendettement contrairement à ce qui nous avait été annoncé pendant des années.

Tout cela, selon la majorité municipale, en raison de la péréquation, de la baisse des dotations de l’etat (DGF) et de l’atteinte à l’autonomie des collectivités locales avec l’exonération partielle de taxe d’habitation pour 50 % des habitants de Levallois dans une perspective de suppression totale.

Vous nous avez donc parlé de la baisse de la DGF qui entre 2013 et aujourd’hui est passée de 9 millions d’euros à 0. Sur un budget de 263 millions d’euros, cela n’apparaît pas structurel.

Et autant dire qu’on pourrait croire à votre fable si la ville de Levallois n’était pas encore endettée bien au-delà de l’entendement, avec 374 millions d’euros fin 2019 alors que tous vos tableaux de présentation depuis des années, tendaient à démontrer un désendettement facile et rapide dont les levalloisiens n’avaient pas lieu de s’inquiéter. Rappelons que la moyenne d’endettement pour les communes de notre strate est de 1146 euros par habitant quand nous sommes à 5768 euros par habitant.

En fait, vous avez profité des opérations de cession de la SEMARELP pour tenter de faire croire à un rythme de désendettement très rapide, en ne présentant que les premières années de remboursement et en mettant toujours de côté la dette résiduelle, structurelle, ou à long terme, liée au fonctionnement de la ville de Levallois, à son train de vie qui ne se résorbe pas si aisément.

Cette dette est devenue tellement lourde pour nos finances que vous avez décidé de la reprofiler. La reprofiler veut dire, sous un vocable un peu ambiance « les Experts », la renégocier pour en allonger les délais de remboursement.

Je maintiens qu’il serait respectueux de la démocratie et des levalloisiens, que le Conseil municipal soit informé du coût final de ces opérations de renégociation et du gain en terme de marge de manœuvre que cette renégociation nous permet chaque année.

Nous pourrions ainsi nous faire un avis sur le fait de savoir si ces renégociations constituent de la cavalerie face à l’impossible désendettement de Levallois ou s’il s’agit d’une mesure de saine gestion de la dette.

A ne rien nous dire, vous créez un doute légitime.

 

Doute qui est d’autant plus légitime lorsque l’on constate avec quelle dextérité Levallois va réussir malgré toutes vos plaintes, à avoir une augmentation de ses recettes fiscales en 2019 : passant de 175,2 millions d’euros à 182,5 millions. Soit 4 % de plus.

 

Pour cela, Levallois va quand même réussir l’exploit technique d’augmenter ses recettes en taxe d’habitation, alors que le gouvernement a décidé sa diminution de 30 % et à terme son exonération pour 50 % de la population de notre ville.

 

Pendant que l’Etat choisi de dégager du pouvoir d’achat par ce biais, qui peut donner lieu à débat, Levallois maintient son rendement en taxe d’habitation, voire l’augmente, avant même de comptabiliser la compensation annoncée par l’Etat, cela en supprimant les abattements dont bénéficiaient les contribuables.

 

Ainsi, sur le fondement d’une comparaison des recettes de taxe d’habitation dans les budgets primitifs, en 2019 ces recettes vont passer de 32,8 millions d’euros à 38 millions d’euros, soit une augmentation de 15 %.

Vous venez de nous expliquer que finalement, le réalisé en taxe d’habitation serait de 37,2 millions d’euros en 2018. Le réalisé 2019 sera sans doute bien plus important que ce que vous annoncez.

 

Alors dans le même temps quand je lis que vous soutenez les français qui peinent à payer honnêtement leur contribution aux charges de l’Etat, permettez-moi de sourire un peu.

 

Enfin, il faut rappeler que Levallois se situe dans les communes les plus chères des Hauts-de-Seine en terme de TH, 14ème sur 36, si l’on en croit le dernier comparatif consécutif à la réforme de la TH. Nous sommes donc parmi les communes les plus chères du département par foyer fiscal à 947 euros par foyer, là où la moyenne départementale est de 867 euros par foyer.

 

Malgré ces ressources fiscales, nous sommes contraints de ne plus investir quand les autres villes continuent de se rendre attractives par la mise en place de nouvelles politiques d’amélioration de la qualité de vie.

Les dépenses d’investissements passent de 137 millions d’euros en 2018 à 60 millions d’euros en 2019, inscrits au budget primitif.

Car investir, ce n’est pas que construire de gros équipements et y apposer le nom du Maire sur une plaque, c’est aussi et régulièrement réaliser des travaux dans les bâtiments municipaux, dans les écoles, pour leur permettre de bien vieillir et qu’ils continuent de rendre le service attendu par eux des levalloisiens, mais aussi réaliser des aménagements du territoire, comme de la voirie.

Il est regrettable que la situation de la ville ne permette plus de politique d’investissement.

 

Enfin, sur des points plus techniques, je note :

 

Sur les charges de personnels : effectivement elles sont en très légère baisse et vous indiquez dans la note de synthèse « Les charges de personnel représentent 40,05% des dépenses réelles de fonctionnement contre une moyenne nationale de la strate à 59,4% »

Cette comparaison n’est pas très pertinente car on compare des choux et des carottes.

Une comparaison du ratio missions/effectif doit se faire à périmètre comparable, or notre ville a choisi d’externaliser une part significative de ses activités à des associations para municipales qui emploient elles-aussi du personnel et qui échappent au contrôle de l’assemblée délibérante de la collectivité.

Il serait intéressant que nous ayons cette visibilité sur le personnel des associations paramunicipales : Levallois-Sporting-Club, Levallois Découverte, Levallois Communication, Levallois culture,…

 

Concernant l’autofinancement, malgré  la forte pression sur les dépenses de personnel, et l’accroissement des recettes fiscales du fait de la hausse de la taxe d’habitation et de la compensation de l’Etat,  l’autofinancement baisse de 1 million d’euros à 19,7 millions d’euros contre 20,8 estimé dans le budget primitif de 2018.

 

Et plus inquiétant encore, sur seulement 60 millions d’euros d’investissements inscrits à ce budget primitif (contre 137 millions en 2018), 11 sont financés par la cession d’actifs, dont la vente du foyer Lorraine en 2019, soit 18 %.

Il ne s’agit pas d’un financement pérenne, mais seulement d’un financement par la vente du patrimoine. Que ferons-nous quand il n’y en aura plus du tout ?

 

Et puis nous avons en tête la jurisprudence de la vente de l’immeuble Antonin Raynaud budgété à un prix bien supérieur en décembre 2017 que ce qu’il a été réellement vendu en 2018.

Sommes-nous sûrs que ce sera finalement le prix de cession ?

J’aimerais comprendre ce qui va advenir du foyer Lorraine, la résidence pour personnes âgées à l’angle de la rue de Lorraine et de la rue Jules Guesde.

 

Concernant le budget du sport, la subvention du Levallois-Sporting-Club a diminué depuis quelques années 6 millions d’euros en 2013, pour atteindre aujourd’hui 4 millions d’euros.

J’aimerais comparer cette subvention avec celle du basket pro qui est de 2,3 millions d’euros et que nous nous interrogions collectivement sur les arbitrages dans le domaine du sport et sur ce qu’attendent les levalloisiens de l’emploi de leurs impôts :

veulent-ils employer d’excellents sportifs professionnels pour un intérêt peu partagé et un retentissement limité, ou préfèrent-ils que nous consacrions ces 2 millions au sport amateur, aux sections sportives du LSC et des autres associations qui accueillent les enfants et les sportifs amateurs et dans lesquelles les bénévoles donnent gratuitement de leur temps avec dévouements et dans le sens de l’intérêt collectif ?

 

Ensuite, vous nous avez expliqué que la fusion des deux associations paramunicipales Levallois Information / Levallois découverte, permettrait de faire des économies d’échelles sur les coûts de fonctionnement.

Subvention Levallois découverte 2018 : 2,5 millions, Levallois Information 250.000 euros

Quelles sont les économies d’échelles par fusion des deux ? Cette année 2019 la subvention est de 2,9 millions d’euros à Levallois découverte.

Donc au total, la fusion des deux engendre une augmentation de subvention de 150.000 €.

 

Enfin, je n’ai pas vu cette année de subvention pour le comité de développement économique et d’échanges internationaux dont je dénonce le financement excessif pour des missions opaques et de peu d’intérêt local.

Est-ce à dire que depuis 10 ans, nous versions entre 90.000 et 150.000 euros par an à une association dont vous avez jugé cette année qu’elle n’avait plus lieu d’être subventionnée de cette manière ?

Je m’en réjouis mais 10 ans depuis que je suis élue à 120.000 euros de subvention en moyenne, c’est 1 millions d’euros que les levalloisiens auraient pu économiser en conservant un comité de jumelage avec une subvention raisonnable et non un organisme à l’activité opaque comme nous l’avons maintes fois démontré et dénoncé.

 

Reparlez-moi de nos 9 millions d’euros de baisse de la DGF quand vous nous aurez expliqué rationnellement comment vous arbitrez les attributions de subventions et comment vous comptez gérer la dette que votre gestion calamiteuse a causée.